Ce type de recherche est clairement réel, mais ce qui se fait actuellement n'a absolument rien à voir avec ce qui fait les gros titres. Pour l'instant, on parle d'organoïdes - des amas de tissu qui ont certaines caractéristiques structurelles du vrai tissu cérébral mais qui manquent essentiellement de tout ce qui rend un cerveau fonctionnel. Une souris avec des neurones humains greffés dedans ne gagne pas en intelligence humaine, en conscience ou quoi que ce soit de similaire. Le tissu s'intègre à un certain degré, mais c'est plutôt comme regarder une pièce de puzzle qui s'ajuste à peu près mal au mauvais endroit. Ce que les chercheurs cherchent réellement, c'est à comprendre comment les cellules cérébrales humaines se développent et se comportent, ce qui est utile pour étudier des maladies comme l'Alzheimer ou la schizophrénie où tu ne peux pas vraiment ouvrir le cerveau d'un patient vivant pour voir ce qui ne va pas.
L'angle thérapeutique est plus réaliste à moyen terme. Si tu peux cultiver des zones de tissu neural sain, peut-être qu'un jour tu pourras l'utiliser pour la récupération après un accident vasculaire cérébral ou pour remplacer des zones endommagées. Mais on parle d'années, pas de l'année prochaine. Les questions éthiques sont bien réelles par contre - elles ne sont pas aussi sensationnalistes que « allons-nous créer un être conscient dans une boîte », mais elles méritent quand même d'être prises au sérieux. Si le tissu cérébral humain commence à fonctionner de façons inattendues, il y a de vraies questions sur nos obligations. Il y a aussi les aspects pratiques : faut-il limiter les types d'organoïdes qui existent, et qui décide ?
Je me suis intéressée à ce sujet parce que la mère d'une amie a eu un accident vasculaire cérébral il y a quelques années, et pendant sa rééducation j'ai commencé à lire sur la plasticité neurale et la régénération juste pour comprendre ce qui était possible. C'est ce qui m'a fait réaliser que les applications pratiques sont encore très loin, même avec tout le battage médiatique autour de ces expériences. La science est importante pour comprendre la maladie, mais traduire cela en vrais traitements est une route beaucoup plus longue que ce que le cycle d'actualité le suggère.