Le problème, c'est que l'eau de l'hiver arrive d'un coup et ne reste pas. Quand il pleut beaucoup en peu de temps, surtout sur des terrains comme ceux de la Castille avec des sols argileux et compactés, l'eau soit s'écoule vers les bassins hydrographiques (et s'en va ailleurs) soit s'évapore rapidement. Elle ne s'infiltre pas suffisamment dans le sous-sol pour créer des réserves qui maintiendraient le terrain hydraté tout le printemps et l'été. C'est comme si vous remplissiez un verre d'un coup : la moitié déborde.
Ce qui aggrave tout, c'est qu'après, les mois de mai à septembre sont de plus en plus secs et avec des températures brutales. Je suis allée rendre visite à des amis qui ont un petit potager à Tolède et j'ai été surprise par la quantité d'eau qu'ils devaient pomper en juin pour que tout ne meure pas, malgré des pluies décentes quatre mois avant. Le sol se dessèche vraiment, le sous-sol s'épuise, et les aquifères ne se remplissent plus comme ils le faisaient il y a des années.
Ton grand-père a raison de le voir comme particulièrement grave. C'est qu'il vous faut non seulement qu'il pleuve en hiver, mais qu'il pleuve de façon distribuée et ensuite maintenir une certaine humidité pendant les mois chauds. Une sécheresse comme celle de 2026 arrive quand l'équilibre se rompt : hiver concentré + printemps et été brûlant + moins d'eau infiltrée dans le terrain = désastre pour les cultures et l'élevage.