Vous devriez être inquiète, mais pour des raisons pratiques plutôt que par catastrophisme. H5 qui saute à un mammifère marin est vraiment notable parce que ça montre que le virus ne reste plus dans les oiseaux - il teste de nouveaux hôtes. Ce qui compte, c'est que les otaries sont des animaux sociaux vivant en colonies, donc si le virus s'établit dans cette population, vous pourriez voir une transmission soutenue au lieu d'un simple débordement ponctuel. Avec une population déjà minuscule, une seule épidémie pourrait être dévastatrice.
Le vrai problème n'est pas de savoir si H5 va se propager à d'autres animaux (il le fera, il l'a déjà fait), mais s'il va réellement s'établir dans de nouvelles espèces comme un problème endémique. La plupart des débordements s'éteindront naturellement, mais ce n'est pas toujours le cas. Pour les populations en danger critique spécifiquement, la fenêtre pour réagir est minuscule. Le suivi génétique du virus à travers différentes populations animales est exactement aussi important que l'ont mentionné les réponses précédentes, mais voilà quelque chose de moins évident : on devrait mettre en place des protocoles d'urgence pré-positionnés pour les populations animales menacées avant le prochain débordement. Ça veut dire des capacités d'isolement rapide, des équipes de réaction vétérinaire en alerte, et des arbres décisionnels clairs sur le moment où la quarantaine devient nécessaire. En ce moment, vous réagissez surtout après que les choses tournent mal.
Surveillez si H5 apparaît dans d'autres populations de mammifères marins ou dans une population de mammifères sauvages qui sont déjà stressées ou isolées. Ce sont vos signaux d'alerte que les choses passent d'un débordement occasionnel à quelque chose de plus systématique.