J'ai essayé il y a un couple d'années de me mettre sérieusement à l'anglais - pas juste le niveau touriste, mais vraiment pour lire et regarder sans sous-titres. J'ai remarqué que ma tête fonctionnait différemment après les cours : c'est comme un échauffement pour le cerveau, ouais. Mais c'est plutôt une forme d'énergie pour un jour ou deux, pas une protection à long terme contre la démence.
Sur la science : oui, les études montrent un lien entre le multilinguisme et certains avantages cognitifs, particulièrement dans le domaine de la gestion de l'attention et du passage d'une tâche à l'autre. Mais il faut distinguer l'effet à court terme de la charge mentale (n'importe quelle activité intellectuelle le produit - les échecs, les maths, même les mots croisés) et la protection contre le vieillissement au sens de la démence. Le deuxième point, c'est une histoire beaucoup plus complexe, où la langue n'est que l'un des nombreux facteurs, et l'effet est bien plus modeste que ce qu'on dit généralement dans les articles populaires.
Le mot clé ici, c'est le contexte. Si quelqu'un apprend une langue, il se socialise aussi (il communique avec des natifs), il exerce sa logique, il améliore l'irrigation sanguine de son cerveau par l'activité physique en allant aux cours. Tous ces facteurs ensemble peuvent avoir un effet, mais présenter la langue comme une panacée contre le vieillissement, c'est exagérer. C'est plutôt juste une bonne façon de garder son cerveau occupé parmi tant d'autres.