Le principal qui complique le travail, c'est la nécessité de préserver l'authenticité de l'objet. Quand les restaurateurs s'attaquent à une maison historique, ce n'est pas juste une réparation ordinaire. Il faut utiliser des matériaux au plus proche de l'original : des vieilles sortes de brique, du mortier à la chaux au lieu du ciment moderne, des éléments de décor assortis au style. Les matériaux contemporains sont souvent incompatibles avec les anciennes structures - par exemple, le béton rigide peut endommager les murs historiques qui sont conçus pour une respiration naturelle du matériau. Trouver ce qu'il faut, c'est déjà toute une histoire, il faut parfois commander une production spéciale.
Le deuxième problème, ce sont les défauts cachés qu'on découvre au fil du travail. Tu enlèves un mur, et voilà qu'il y a des moisissures, du pourrissement du bois, des problèmes de fondation. On ne peut pas juste remplir ça avec du ciment - il faut comprendre les causes, peut-être refaire tout le système d'évacuation des eaux ou la ventilation. Les maisons du XIXe siècle ont été conçues selon des principes complètement différents, leur structure n'est souvent pas évidente aux yeux modernes.
Il y a aussi les complications au niveau de la coordination et de la documentation : il faut des autorisations pour tout changement, un contrôle constant des autorités chargées de la protection des monuments, des recherches d'archives pour comprendre à quoi ressemblait la pièce à l'origine. Tout ça ralentit le processus, ça demande des spécialistes expérimentés, et franchement, il n'y en a pas beaucoup. Du coup, un an et demi pour une restauration, c'est presque le minimum si la maison est en mauvais état.